Centre Juno Beach

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Centre Juno Beach
Photo: Dr. Alexander Mayer (CC-BY-SA-3.0)

Le musée du Canada sur la côte normande, inauguré en 2003 pour raconter l'effort de guerre canadien et les hommes qui débarquèrent à Juno. Son architecture pentagonale saisissante, ses expositions et ses visites guidées de bunkers en font le cœur du souvenir le long de cette portion de plage.

Le Centre Juno Beach se dresse à une centaine de mètres du sable, à Courseulles-sur-Mer, sur le terrain même que tenait un point d'appui allemand au matin du 6 juin 1944. C'est l'unique musée canadien sur la côte du Débarquement, et il existe parce qu'un groupe de vétérans a refusé de laisser leur guerre se réduire à une note de bas de page dans un récit surtout américain et britannique. Ce qu'ils ont bâti tient moins du musée de guerre que du portrait d'un pays, encadré par la plage où des milliers de jeunes Canadiens ont pris pied.

Ce qui s'est passé sur ce rivage

Juno relevait de la 3e Division d'infanterie canadienne. Ce tronçon de côte, large d'environ dix kilomètres, s'étendait de part et d'autre du petit port de pêche de Courseulles et des villages de Bernières et Saint-Aubin. Courseulles était l'un des points les plus fortement défendus attaqués le Jour J : un point d'appui allemand mêlant canons antichars, casemates de mitrailleuses et un dédale de galeries, tenu ici par une compagnie du 736e régiment d'infanterie.

La 7e Brigade d'infanterie canadienne débarqua devant Courseulles, le Regina Rifle Regiment et ses voisins réduisant les défenses de la ville maison par maison, tandis que la 8e Brigade abordait à l'est, à Bernières et Saint-Aubin. Beaucoup de péniches heurtèrent les obstacles de plage à l'approche, et l'infanterie arriva souvent sans l'appui de ses chars. Les premières minutes furent meurtrières. Pourtant, au soir, les Canadiens avaient progressé plus avant dans les terres qu'aucune autre force alliée, un exploit chèrement payé lors de la traversée de la plage.

Un bâtiment à l'image d'un pays

Le centre a ouvert le 6 juin 2003, aboutissement d'une campagne populaire menée par le vétéran Garth Webb et sa compagne Lise Cooper, soutenue au final par les gouvernements canadien et français et par des donateurs privés. L'architecte canadien Brian K. Chamberlain lui a donné une forme saisissante : une structure basse à cinq pointes, revêtue d'écailles de titane, dont la géométrie évoque la feuille d'érable et les cinq plages du Débarquement. À l'intérieur, les expositions dépassent délibérément le seul matin de l'assaut. Elles retracent le Canada d'avant-guerre, l'immense effort civil et militaire qu'une jeune nation consacra au combat, et le pays qu'elle devint ensuite, si bien que le visiteur repart en comprenant qui étaient ces soldats et vers quoi ils sont rentrés.

À voir aujourd'hui

Entre le bâtiment et les dunes se dresse la sculpture Remembrance and Renewal, et dans une trouée du cordon dunaire une forme symbolique de péniche de débarquement honore la Résistance française, flanquée d'un bunker d'observation allemand intact. Mais le plus riche d'une visite se trouve dans le Parc Juno, la bande de fortifications préservées derrière le centre. C'était le point d'appui allemand Stützpunkt 31, jadis hérissé d'une trentaine de bunkers et de positions de tir. Des étudiants d'universités canadiennes, venus passer une saison sur la côte, guident les visites de ces ouvrages : un vaste bunker d'observation qui portait autrefois un poste de mitrailleuse coiffé d'une coupole d'acier, et un poste de commandement souterrain redécouvert seulement en 2010 et ouvert au public en 2014, relié par galerie au poste de surface. On ne pénètre dans les bunkers qu'au cours de ces visites : raison suffisante pour caler son passage sur l'une d'elles.

Réservez du temps pour les villages alentour, que le centre aide à déchiffrer. À Bernières, un peu à l'est, la maison du front de mer dite Maison des Canadiens passe pour l'une des premières libérées, prise par les Queen's Own Rifles quelques minutes après leur débarquement coûteux ; tout près se dresse un inukshuk élevé à la mémoire des Canadiens autochtones qui combattirent et tombèrent ici. À l'ouest de Courseulles, à la lisière de Graye-sur-Mer, s'élève la haute Croix de Lorraine marquant l'endroit où le général de Gaulle a refoulé le sol français le 14 juin 1944, après quatre années d'exil. Réunis, ces lieux transforment un après-midi au musée en une traversée de toute la journée canadienne.

Informations pratiques

Le centre se dresse à l'extrémité maritime de la Voie des Français Libres, la route qui file au-delà du port de Courseulles-sur-Mer jusqu'aux dunes ; suivez les panneaux du musée plutôt que ceux du centre-ville et vous arriverez à son propre parking, qui accueille aussi les autocars. L'entrée du musée est payante, et les visites guidées des blockhaus du Parc Juno se réservent à l'accueil dès l'arrivée : mieux vaut donc demander l'heure du prochain départ avant d'entamer les expositions.

Comptez deux heures pour le seul bâtiment, et près de trois si vous suivez une visite des blockhaus et parcourez le sentier des dunes. À l'intérieur, le musée est moderne, de plain-pied et desservi par un ascenseur, et l'accès depuis le parking est revêtu : la visite se fait donc sans difficulté en fauteuil roulant ou avec une poussette. Le Parc Juno est une autre affaire : les allées entre les fortifications sont en sable et en gravier compacté, les dunes montent et descendent, et le poste de commandement souterrain s'atteint par un escalier d'acier raide qui débouche dans un tunnel bas. Le vent de mer souffle ici en permanence : prévoyez une couche supplémentaire, même en été.

Presque tous les visiteurs prolongent le musée par les villages de part et d'autre, ce qui demande une ou deux heures de plus, et par le Cimetière militaire canadien de Bény-sur-Mer, à quelques minutes de voiture dans les terres, où reposent nombre des hommes dont on vient de lire l'histoire.

Courseulles-sur-Mer, Calvados
May to Aug 9:30am to 7pm; Mar, Apr, Sep, Oct 9:30am to 6pm; Feb, Nov, Dec 10am to 5pm Ticket sales end 45 minutes before closing. Closed 1 January and 25 December. The published seasonal calendar runs February to December, so check ahead for January. Guided bunker tours run April to October and are booked separately. Adult rate shown covers the permanent and temporary exhibitions.
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